Ceux qui cheminent sur la route étroite s'entretiennent de la joie et du bonheur qu'ils éprouveront à la fin du voyage. Si leurs visages sont souvent tristes, ils rayonnent souvent aussi d'une joie sainte. Ils ne s'habillent, ne parlent, ni n'agissent comme ceux qui sont sur l'autre route. Un modèle leur a été donné. Un homme de douleur, habitué à la souffrance, a ouvert cette route et l'a parcourue jusqu'au bout. C'est un réconfort et un encouragement pour ceux qui viennent après lui de voir la trace de ses pas. En la suivant, ils marcheront sûrement, comme lui-même a marché.
La route large
Sur la route large, chacun s'occupe de sa propre personne, de ses vêtements, des plaisirs du moment. On se laisse aller à une franche hilarité, sans penser à la fin du voyage, à la destruction certaine qui approche un peu plus chaque jour. Avec une folle insouciance, on va toujours plus vite. Combien cela me parut terrible!
J'en ai vu beaucoup, sur cette large route, qui avaient ces mots écrits sur eux: "Morts au monde. La fin de toutes choses est proche. Vous aussi, soyez prêts." Ils avaient la même apparence de vanité que ceux qui les entouraient, mais je remarquai une ombre de tristesse sur leur visage. Leurs propos étaient tout à fait semblables à ceux des personnes gaies et insouciantes qui les entouraient; mais à l'occasion, ils montraient avec un air de grande satisfaction les lettres qui étaient peintes sur leurs habits, invitant les autres à les avoir aussi. Ils étaient sur la route large, tout en professant faire partie du nombre de ceux qui cheminent sur la route étroite. Ceux qui les accompagnaient leur disaient: "Il n'y a pas de différence entre nous. Nous sommes semblables dans nos vêtements, nos paroles et nos actes." - Témoignages pour l'Église 1:33.
J'ai vu à quel point certains observateurs du sabbat se conforment au monde. Par là, ils déshonorent leur profession de foi, ils sont un opprobre pour la cause de Dieu. Ils infligent un démenti à leur religion. Ils s'imaginent n'être pas du monde, mais ils s'en rapprochent tellement par le vêtement, par la conversation et par les actes, qu'en réalité il n'y a pas de différence. Je les ai vus occupés à orner leur pauvre corps mortel, que le doigt de Dieu peut toucher à chaque instant, les jetant sur un lit de souffrance. Quand surviendra le dernier moment, une angoisse mortelle secouera leur corps et cette grave question se posera: "Suis-je prêt à mourir? Prêt à paraître en jugement devant Dieu, à passer la grande revue?"
Demandez-leur, alors, s'ils songent encore à orner leur corps; s'ils ont la moindre idée de ce que veut dire se préparer pour paraître devant Dieu, ils vous diront que s'ils pouvaient retourner en arrière et recommencer leur vie, ils se corrigeraient, évitant les folies du monde, ses vanités, son orgueil, et donneraient à tous un exemple de modestie dans le vêtement. Ils vivraient à la gloire de Dieu.
Pourquoi trouve-t-on si difficile de vivre dans l'humilité et le renoncement? C'est que l'on n'est pas encore mort au monde. On croit être mort, et l'on vit encore. Nombreux sont ceux qui soupirent après les poireaux et les oignons d'Egypte. On prétend aller au ciel tout en imitant autant que possible le monde dans le vêtement et la conduite. C'est vouloir entrer par une autre porte, au lieu d'entrer par la porte étroite et de suivre le sentier étroit....
A cela il n'y a pas d'excuse. Il en est qui s'habillent comme le monde pour avoir de l'influence. C'est commettre une erreur triste et fatale. Veut-on exercer une influence vraiment salutaire, que l'on se conforme à sa profession de foi, que l'on prouve sa foi par des œuvres de justice, que l'on montre toute la différence qui existe entre les chrétiens et le monde. J'ai vu que les paroles, le vêtement et les actes devraient parler en faveur de Dieu. Alors tous ressentiraient une sainte influence, et verraient que ces chrétiens ont été avec Jésus. Les incrédules verraient une sainte influence se dégager de la vérité que nous professons; ils verraient comment le caractère d'un homme ou d'une femme qui croit au retour du Christ est affecté par cette croyance. Voulez-vous exercer une influence en faveur de la vérité? mettez-la en pratique, imitant ainsi votre humble Modèle.
Se préparer à la venue de Jésus
J'ai vu que Dieu déteste l'orgueil: tous les orgueilleux et les méchants seront comme de l'étoupe; le jour qui vient les consumera. J'ai vu que le message du troisième ange doit encore agir comme un levain sur bien des cœurs professant de croire, afin de les purifier de l'orgueil, de l'égoïsme, de l'avarice, de l'amour du monde.
Jésus vient: trouvera-t-il un peuple qui se conforme au monde? Le reconnaîtra-t-il comme celui qu'il a purifié? Sûrement pas. Seuls les purs et les saints seront reconnus comme siens. Il ne reconnaîtra comme lui appartenant que ceux qui auront été purifiés et blanchis par les épreuves, et qui se seront tenus éloignés du monde, sans souillure.
J'ai éprouvé une profonde angoisse en constatant le fait terrifiant que le peuple de Dieu se conforme au monde et que seul le nom distingue des incrédules beaucoup parmi ceux qui font profession de suivre le doux et humble Jésus. J'ai vu que cela blesse Jésus et le couvre de honte. Alors qu'avec douleur il voyait le prétendu peuple de Dieu aimant le monde, partageant son esprit et suivant ses modes, l'ange s'écriait: "Séparez-vous! Séparez-vous! de peur qu'il ne vous donne votre portion avec les hypocrites et les incrédules, hors de la cité. Votre profession de foi ne fera qu'accroître votre détresse; votre châtiment sera d'autant plus grand que vous connaissiez sa volonté, mais ne l'avez pas faite."
Par leur légèreté, leurs plaisanteries, leur frivolité, ceux qui professent croire au message du troisième ange font souvent du tort à la cause de Dieu. Il m'a été montré que ce mal est très répandu dans nos rangs. J'ai vu qu'il y a lieu de s'humilier devant le Seigneur. L'Israël de Dieu devrait déchirer son cœur et non son vêtement. Rien de plus rare qu'une simplicité enfantine; on recherche l'approbation humaine plus qu'on ne redoute le déplaisir de Dieu.
L'ange dit: "Ramenez votre cœur à l'ordre, de peur qu'il ne vous visite par ses jugements, et que, le fil fragile de votre vie étant brisé, vous ne soyez déposés dans la tombe, sans défense, avant d'être prêts. Ou alors, si votre vie est conservée, et que vous ne fassiez pas la paix avec Dieu, en vous arrachant au monde, vos cœurs endurcis s'appuyant sur un étai trompeur, une préparation factice, quand vous vous rendrez compte de votre erreur, ce sera trop tard pour chercher une espérance fondée." - Testimonies for the Church 1:131-134.
À quoi cela sert-il ?
Le Christ nous demande de faire notre examen de conscience. Etablissons soigneusement notre bilan, et mettons Jésus sur l'un des plateaux de la balance, c'està-dire les trésors éternels, la vie, la vérité, la joie des âmes rachetées; et sur l'autre, tous les attraits que peut nous offrir le monde. D'un côté mettez la perte de votre âme et de celles pour lesquelles vous auriez pu travailler; de l'autre, pour vous et pour elles, une vie qui se mesure sur celle de Dieu. Pesez pour le temps et l'éternité. Tandis que vous ferez cela, écoutez la voix du Christ qui vous dit: "Que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s'il perd son âme?"
Dieu veut que nous portions toute notre attention sur les réalités célestes et non sur les choses terrestres. Il nous donne l'occasion de faire un placement à la banque du ciel, il n'a de cesse qu'il n'ait exalté nos aspirations les plus nobles et mis en lieu sûr nos plus chers trésors. C'est lui qui déclare: "Je rendrai les hommes plus rares que l'or fin, je les rendrai plus rares que l'or d'Ophir." Quand les richesses que gâte la rouille et que la teigne ronge et dévore n'auront plus aucune valeur, les disciples du Christ se réjouiront dans la possession des richesses indestructibles du ciel. - Les paraboles de Jésus, 328.