La vie du Christ exerçait une influence qui allait constamment en s’élargissant comme la vague sur l’immense océan et qui le reliait à Dieu et à l’humanité. Par son intermédiaire, Dieu a investi l’homme d’une faculté qui le met dans l’impossibilité de vivre pour lui-même. Individuellement, nous sommes en rapport avec nos semblables; nous faisons partie du grand univers de Dieu et nous sommes sous le poids d’obligations mutuelles. L’homme ne peut pas vivre indépendamment de ses semblables, car la prospérité des uns affecte celle des autres. Le plan de Dieu est que chacun se sente nécessaire au bien de tous, et qu’il s’efforce de contribuer à leur bonheur.
Toute âme est entourée d’une certaine atmosphère qui lui est propre. Cette atmosphère peut être la source de propriétés vivifiantes de foi, de courage et d’espérance et adoucie par le parfum de l’amour, comme aussi refroidie par des frimas de tristesse, de mauvaise humeur ou d’égoïsme ou empoisonnée par quelque péché mignon. Consciemment ou non, tous ceux qui nous côtoient en subissent les effets.
Notre responsabilité
Nous ne pouvons pas fuir cette responsabilité. Nos paroles, nos actes, nos vêtements, notre comportement, même l’expression de notre visage dégagent une puissance. De l’impression que nous laissons ainsi autour de nous découlent des conséquences bonnes ou mauvaises dont nul ne peut mesurer l’étendue. Toute impression créée est une semence qui produira une bonne ou une mauvaise récolte, un anneau de la chaîne des événements humains dont nous ignorons la longueur. Si notre exemple en pousse d’autres vers la justice, c’est que nous leur communiquons la force de faire le bien. A leur tour, ils exerceront la même influence sur d’autres, et ainsi de suite. Des milliers d’âmes peuvent ainsi être appelées à bénéficier de notre influence inconsciente.
Jetez une pierre dans un lac, une vague se formera, puis une autre, et le cercle ira en s’élargissant, jusqu’au moment où il atteindra le rivage. Ainsi en est-il de l’influence que nous dégageons. Sans que nous le sachions, sans que nous puissions la diriger, elle continue son action pour le bien ou pour le mal.
Le caractère est une puissance. Le témoignage silencieux d’une vie consacrée, sincère et désintéressée possède une puissance presque irrésistible. En manifestant dans notre vie le caractère du Christ, nous travaillons avec lui au salut des âmes. Ce n’est que par l’identification de notre vie avec la sienne que cette coopération est possible. Plus étendue sera notre influence, plus nous pourrons faire de bien. Quand ceux qui prétendent servir Dieu suivront l’exemple de leur Maître, quand ils pratiqueront les principes de la loi dans leur vie journalière, quand ils montreront par leurs actes qu’ils aiment Dieu d’un amour suprême et leur prochain comme eux-mêmes, alors l’Eglise aura la puissance de bouleverser le monde. — Les paraboles de Jésus, 346-348.